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[ 9/15/2009 11:28:25 PM ]  Lesafriques

Afrique - Economie et Finances

Malgré l’AGOA, les échanges entre l’Afrique et les Etats-unis s’essoufflent

« L’Afrique subsaharienne ne compte que pour 2% dans le commerce mondial. Si elle parvenait à augmenter cette part de seulement 1%, elle génèrerait, chaque année, des revenus additionnels supérieurs au montant total de l’aide annuelle qu’elle reçoit. »


PAR AMADOU FALL, DAKAR

Cette assertion énoncée par le chef de la diplomatie américaine, le 4 août dernier à Nairobi, lors de la cérémonie inaugurale du huitième forum de l’African Growth And Opportunies Act (AGOA) est significative de la conviction des Américains que leur relation avec l’Afrique doit être fondée non pas sur l’aide, mais sur le commerce et les investissements. « Trade, not aid », comme ils aiment à dire.

La totalité des exportations du Ghana vers les USA, sous le régime de l’AGOA, est tombée de 68,6 millions de dollars en 2007 à 42,2 millions de dollars en 2008, déclinant ainsi de 38,4%.

Toutefois, le bilan de l’AGOA, qui sous-tend cette approche depuis une dizaine d’années, n’est pas des plus brillants. Rendu public à la veille du forum de Nairobi, le dernier rapport sur les tendances des échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique souligne, qu’en 2008, les importations américaines en provenance d’Afrique se sont élevées à 66,3 milliards de dollars, en hausse de 29,8% comparativement à 2007. Mais cette augmentation est le fait principal des produits pétroliers, qui recouvrent 92,3% des achats américains en Afrique subsaharienne. Les hydrocarbures exclus, les importations américaines, toujours sous l’égide de l’AGOA, ne représentent que 5,1 milliards de dollars. Et là, également, ce sont les importations de minerais et de métaux qui occupent le haut du panier. Elles ont augmenté de 58,8%. Viennent ensuite les produits chimiques, qui ont enregistré une hausse de 38,7%. En revanche, les importations de textiles et de vêtements ont baissé de 10,4% et celles de produits agricoles de 7,9%. Au total, avec les Etats-Unis, l’Afrique est restée dans sa position classique de pourvoyeuse de produits de base pour le développement industriel du Nord.

En Afrique de l’Ouest, seul le Nigeria bénéficie réellement de l’AGOA, du fait de sa position de grand producteur mondial de pétrole. Ses exportations sur le marché américain ont ainsi augmenté de 16,8% en 2008.

Tous les autres pays de la région, qui n’ont ni pétrole ni minerais fortement demandés par l’économie américaine, sont laissés en rade. Ils peinent véritablement à pénétrer le marché américain. A cet égard, la totalité des exportations du Ghana vers les USA, sous le régime de l’AGOA, est tombée de 68,6 millions de dollars en 2007 à 42,2 millions de dollars en 2008, déclinant ainsi de 38,4%. Les échanges Sénégal-USA sont décevants. En 2008, le Sénégal n’a exporté sur le marché américain que pour 18,1 millions de dollars, sensiblement la même chose que l’année précédente, selon des statistiques de l’ambassade américaine à Dakar. Le Mali est, certes, logé à meilleure enseigne avec 31 millions de dollars en 2008, mais en baisse de 2,2 millions de dollars.



Faible diversité

La compression de la demande sous la pression de la crise financière internationale et de la récession mondiale est sans doute pour beaucoup dans l’essoufflement des exportations hors produits de base des 39 pays africains éligibles à l’AGOA vers les Etats-Unis. Il s’y ajoute la faible diversité des produits africains exportables, sur un éventail de plus de 6500 éléments autorisés d’accès en franchise totale sur le marché américain. On leur reproche également le manque de compétitivité extérieure qui les caractérise, en raison de leurs coûts de production souvent supérieurs à ceux de leurs concurrents.



Barrières non tarifaires

Du côté ouest-africain, on est conscient que l’offre régionale devrait porter moins sur des produits miniers ou agricoles bruts et davantage sur des produits transformés incorporant un optimum de valeur ajoutée et de qualité irréprochable. Cependant, fait-on remarquer, bien que des efforts soient déployés dans cette optique et qu’il y ait, dans le contexte actuel, des produits d’exportation africains qui soutiennent la concurrence extérieure, la franchise douanière dont ils bénéficient, au titre de l’AGOA, ne suffit pas pour leur ouvrir, dans une mesure adéquate, le marché américain. Lors du forum de Nairobi, nombre de participants africains ont, avec raison, évoqué pour le déplorer le sérieux handicap que constituent les subventions agricoles américaines à la production et à l’exportation ; ils continuent d’être un frein au développement compétitif de l’agriculture africaine quand elle se tourne vers l’exportation. Ils ont également demandé la levée, à tout le moins l’assouplissement, des barrières non tarifaires apposées aux produits agricoles, agro-industriels, bien entendu dans le respect des préoccupations sanitaires liées à la protection des consommateurs américains.



Protéger les emplois

Le problème, aux Etats-Unis, est que nombre d’entrepreneurs, notamment ceux spécialisés dans le textile et les fruits tropicaux, demeurent opposés à l’AGOA. Il en est de même des mouvements syndicaux. Les uns craignent qu’une arrivée massive de produits africains sur le marché américain ruine leurs intérêts ; les autres y voient une conséquence tout aussi négative pour les travailleurs, surtout quand la crise continue d’être fortement destructrice d’emplois.

 

 Commentaires

1  MANZO | 2/24/2012 11:41:40 AM
ok
 
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