|
e titre de cette réflexion/débat n’est point pour nous convaincre que l’homme est cet être supérieur dans “le règne animal” doté de capacité et de qualité de discernement qui lui permettent de savoir ce qui est de son intérêt et ce qui ne l’est pas. La quête et la défense de la liberté et de la paix procède de ce don divin du Créateur à sa créature. La lutte au prix de sacrifice suprême pour les grandes et nobles causes humaines en est un témoignage. Dans ce cadre, nous pouvons citer la lutte pour les indépendances sur le continent, il y a un demi-siècle de cela. Mais alors, après l’euphorie des indépendances, l’impression voire le constat d’une perte flagrante en conscience de la défense de leurs intérêts par les nations et les peuples africains devient évidente et à bien des égards incompréhensive. Si tant est que la défense de leurs intérêts par les peuples et les nations est une attitude qui définit l’homme et n’a rien de contre nature, les répercussions de l’inverse sont du coup désastreuses mais Dieu merci, elles ne sont point permanentes et facilement réversibles. L’Afrique a été chantée par les auteurs engagés qui y ont vu une renaissance peu après l’accession de nos pays à la souveraineté internationale. Mais alors quelles sont les raisons profondes qui ont conduit les nations et les peuples africains à cette perte soudaine de la reconnaissance, de la prise de conscience et de la défense de leurs intérêts. D’aucuns nous diront à juste titre que c’est l’avènement des dictatures militaires et civiles, l’absence d’Etat de droit et pour d’autres le néocolonialisme, l’impérialisme, la corruption et nous en passons. C’est dire que, quel que soit le terme utilisé, le mal est connu et enfants d’Afrique, nous sommes d’avis qu’il faut l’éradiquer. Quant aux maux (souffrances, misères et autres déboires) découlant du mal africain, si nous pouvions nous exprimer ainsi, il nous faut des vaccins pour protéger les générations futures.
Il nous semble donc important de retenir que seuls les grandes nations et les peuples d’honneur sont ceux qui ont une conscience éprouvée de leurs intérêts et sont prêts à les défendre jusqu’à leur dernier souffle au nom de la postérité, des générations futures. En fait, pour les peuples et les nations, il n’y a d’intérêts que ceux de leurs progénitures, de leurs descendances. Nous allons donc dans les passages qui suivront ouvrir un débat sur le thème qui se devra de stimuler une réflexion profonde sur la défense de nos intérêts étant entendu que pour les défendre, il faut savoir les reconnaître et en prendre conscience.
Les sacrifices des nations et des peuples : mesure du degré de la prise de conscience
Les intérêts des nations et des peuples ne sont pas différents à bien des égards de ceux des hommes pris individuellement. Dans la vie des nations, les leaders et autres rares hommes hors du commun indiquent la direction en nous aidant à nous projeter dans cet autre univers de par leur vision. Voici ce qui les rend différents du commun des mortels que nous sommes. A l’instar de ce que nous pouvons trouver sous d’autres cieux, les nations africaines ne sont pas monolithiques mais leurs intérêts sont communs et la communauté de leur destin ne saurait se réaffirmer plus dans cette phase de leur lutte. Lutte pour la mise en place d’Etat de droit, de démocratie, condition sine qua non de leur expansion économique qui est en elle-même un défi à relever pour les générations futures. Les hommes passent et les nations demeurent et les peuples se renouvellent à travers les générations naissantes mais alors la prospérité et le bien-être qui devraient y découler ne sont point automatiques. Ces deux éléments essentiels qui servent de mesure à l’avancée positive et souhaitée des nations et des peuples ne s’obtiennent au fils des ans et des temps que par les sacrifices successifs consentis par les vivants de façon anonyme ou visible. Consentir des sacrifices, voici la réalité difficilement concevable et acceptable pour les humains que nous sommes et c’est naturel. En fait l’idée d’aller jusqu’au sacrifice suprême pour que d’autres aient une vie meilleure un jour que la nôtre devient cornélien. Et bien, nous sommes les premiers à l’admettre mais de là naît la contradiction entre une portion des traditions africaines et le comportement défaitiste et de résignation de l’Africain postcolonial. Un des piliers de nos traditions se fonde sur la vie dans l’au-delà qu’un écrivain africain (dont le nom nous échappe) peignit en ses termes : “Les morts ne sont pas morts” d’où le culte des ancêtres que ce vénéré pape comparait à la communion des saints.
Défendre toute bonne cause peut conduire au sacrifice suprême : il y va de la défense de la liberté, de la paix, de l’Etat de droit, de l’indépendance /souveraineté internationale, du contrôle des ressources naturelles d’un pays par ses fils, enfin de tout ce qui peut contribuer au mieux–être des générations futures. Il nous rappelle ce grand homme d’Etat européen qui disait à ses concitoyens qu’il est un mortel, et oui nous sommes des mortels. Mais, n’oublions point, que la destruction peut se manifester sous sa forme la plus vicieuse et là il s’agit de s’attaquer à notre intégrité et à notre honneur par le truchement de diffamation, de l’intoxication, de la délation, de la distorsion de nos idées et de nos intentions…etc. Sur ce terrain précis, nous avons toujours individuellement et collectivement nos actes et les faits comme réponse. Les Africains se doivent de se rendre à l’évidence que ni les amis de ce continent (Dieu seul sait que ces bonnes volontés se dévouent corps et âmes pour notre cause : l’éradication de la pauvreté, les soins aux plus démunis et bien d’autres actions humanitaires) ne pourront aller au-delà de leur mission. En dernier ressort, l’Afrique sera pour les générations futures ce que nous en ferons aujourd’hui. Les Africains se doivent également d’accepter de se voir traîner dans la boue et reconnaître que si la lutte se centrait sur leur personne, elle est d’avance perdue. Toutefois, si une telle lutte est menée au nom des générations futures, les combattants de la liberté et /ou défenseurs des bonnes causes peuvent commencer à célébrer la victoire dès son engagement/ déclenchement. Il s’agit en fait d’une victoire infailliblement gagnée pour et au nom de la postérité. Aujourd’hui plus que jamais, aucun Africain ne peut se soustraire à la lutte pour la bonne cause et consentir les sacrifices inhérents pour faire de ce continent au bout de ce siècle, cette Afrique de nos rêves et de nos réalités.
Les armées africaines: leur mission dans la construction de l’Afrique du 21ième siècle
Les nations et les peuples africains ne peuvent et ne doivent se passer d’aucune de leurs composantes dans ce tournant crucial de la construction de l’Afrique su 21ième siècle. Les armées africaines ont, peu après les indépendances, commencé à jouer un rôle important dans la vie des nations africaines et ce quelque soit le qualificatif que les uns et les autres voudront utiliser. A regarder en face la réalité africaine durant ce demi-siècle, il est évident que l’inclusion des armées du continent dans la stratégie globale d’une Afrique résolument tournée vers cette idée nouvelle d’un progrès qui n’exclut point certains nations et peuples de notre village planétaire s’impose. Retenons à cet effet que les armées ne constituent point par essence une force brutale mais une force de défense même si du fait de la dictature qui sévit sur le continent, les peuples africains l’y perçoivent différemment. Ceci étant, pour aller dans le sens de cette nouvelle mission de construction, les armées africaines sont disposées nous en convenons, à démontrer, une fois la confiance fraternelle rétablie, qu’elles sont avant tout républicaines. C’est dire que, pour passer de la dictature à la démocratie, les armées africaines ne doivent point recourir aux coups d’Etat militaires. Il va s’en dire que les armées républicaines dans des Etats aux institutions démocratiques tirent leur honneur dans la défense de la patrie, à savoir l’intégrité territoriale et la protection des concitoyens. Dans le même ordre d’idée, les nations et les peuples africains doivent s’opposer à la survenue de tout coup d’Etat militaire et le condamner sans réserve. Il n’y a pas un bon coup d’Etat militaire et il n’y en aura jamais. Et bien, diront d’aucuns, comment dans cette condition, éradiquer la dictature du sol africain ? C’est simple, une fois que les armées africaines auraient recouvré leur honneur bafoué par la dictature, elles feront comprendre aux dictateurs qu’elles se refusent à tirer sur leurs compatriotes, leurs frères et sœurs. Du reste, les armées africaines, en se rangeant du côté de la volonté des peuples et de l’Etat de droit, sonneront le glas de la dictature africaine qui prendra fin sans violence et Dieu seul sait, de récents exemples ne manquent pas sur le continent. En un mot, l’Afrique doit mettre fin de manière définitive et irréversible, tant aux coups d’Etat militaires que constitutionnels. La Constitution, loi fondamental des Etats ne sauraient être taillée à la mesure d’un homme, mais représentée la volonté exprimée du peuple souverain et reposant sur une séparation des pouvoirs (cf. De l’Esprit des lois – de Montesquieu). Nous sommes les premiers, bien évidemment, à reconnaître que des armées républicaines africaines et une classe politique africaine devant rendre compte aux peuples et aux institutions républicaines et démocratiques peuvent nous paraître une vue de l’esprit dans les conditions actuelles du continent.
Et bien, notre démarche, en ouvrant /initiant ces débats et/ou réflexions est et demeure : convaincre par la force de l’argumentation et non par une argumentation de force. Ce faisant, nous allons donner des exemples qui en disent éloquemment long sur le fait que les armées africaines sont capables d’opérer la mutation d’armées aux valeurs ternies par la dictature en armées républicaines d’honneur.
Nous devons toujours avoir présent dans nos esprits les récents évènements qui feront date dans l’histoire récente du continent. Et pour cause, en ces débuts des années 90, la Providence donna à l’Afrique, dans sa région australe, un combattant de la liberté, leader hors du commun dont on dit qu’il a montré la voie à l’humanité. Durant cette même période un vent de démocratie souffla sur l’Afrique et les dictatures tant militaires que civiles durent faire face aux revendications légitimes des peuples : Etat de droit, démocratisation des institutions, liberté d’expression et autres. Comme il fallait s’y attendre, la répression s’en suivit.
Dans l’un des pays africains, l’armée (ceux que nous appelons les militaires en Afrique) avec à leur tête un jeune officier, choisit le camp du peuple et de la nation. Certes, le dictateur (un militaire), ordonna à l’armée, avec l’aide de quelques officiers dépourvus de tout sens d’honneur et foulant au pied le devoir sacré de défense de l’intégrité territoriale et de la protection de leurs concitoyens, s’engagèrent dans un massacre systématique. L’armée déposa le dictateur et se débarrassa de cette minorité de frères d’arme qui avaient opté pour le déshonneur et la destruction. Cet officier, en dépit des pressions et de tous les privilèges et/ou autres avantages de toutes sortes que lui offraient les fonctions présidentielles, se retira du pouvoir, organisant dans élections démocratiques dans son pays.
Dans cet autre pays africain, Le Président, un Général, qui avait tout ce qu’il fallait pour écraser dans le sang, toutes revendications et/ou aspirations légitimes des peuples à la liberté, au multipartisme et à la démocratie, fit un choix différent. Il se plia aux recommandations d’une Conférence Nationale Souveraine au terne de laquelle des élections démocratiques furent organisées.
Il nous semble important de recourir à ces deux exemples pour montrer qu’en dépit des défaillances humaines, l’Afrique ne manque pas de dignes fils capables de se surpasser à un moment de leur vie. Oui, ces deux officiers (des militaires) ont fait le choix de l’honneur que les valeurs de leur métier leur imposent, mieux ils ont placé les intérêts supérieurs de leurs peuples et de leurs nations au dessus leurs. Oui, l’Afrique exige et vaut bien que nous défendons ces intérêts avec amour et dévotion filiale “par-delà” notre perception “du bien et du mal” (nous paraphrasons ici, Nietzsche, en reconnaissant qu’il s’agit ici d’une image bien forte d’autant plus que nous évoquons un philosophe controversé).
La défense des intérêts des nations et des peuples africains Les nations et les peuples africains sont appelés à défendre leurs intérêts et nous parlons ici de devoir. Il n’est certes point question de rupture car il s’agit des intérêts bien compris des nations et des peuples africains, lesquels s’inscrivent dans les intérêts universels de l’espèce humaine sans toutefois s’y confondre. A titre d’exemple, si la paix et la liberté procèdent d’un intérêt commun pour toute l’humanité quant à sa défense, le soutien de la dictature en Afrique par l’Occident aux fins du pillage continu des ressources du continent ne correspond nullement aux intérêts des peuples africains. La soi-disant paix qu’imposaient les dictateurs aux peuples africains par la baïonnette et le bâillonnement n’ont rien à voir avec l’idéal de paix et de liberté et l’Occident le sait bien. Il ne fait aucun doute non plus, une fois que les générations futures se pencheront sur les répercutions de la guerre froide sur le Tiers-Monde, que la théorie “de la demi-guerre” de l’Occident n’avait d’autre but que de transférer l’affrontement des deux blocs sur le sol des pauvres durant la période de la guerre froide. Comme diront certains spécialistes des relations internationales, ces terrains étrangers permettaient de tester de part et d’autre l’efficacité de certains nouveaux armements. Qu’à cela ne tienne, les exemples du genre sont légion et nous voudrons bien nous dispenser de nous en attarder dessus. Nous prônons donc la confrontation avec l’Occident sur la base des principes universellement acquis de liberté et de paix. Nous prônons la confrontation avec l’Occident sur la base du droit international qui gouverne les relations internationales et qui s’impose à tous les pays signataires, singulièrement, ceux de l’Occident. Enfin nous prônons la confrontation avec l’Occident pour ce qui est des aspirations légitimes des nations et des peuples africains à un développement soutenable et autocentré. Aussi, préférons-nous présenter une première liste réduite des intérêts des peuples et des nations africaines qui s’adressent à l’Occident:
Les Africains veulent vivre dans des pays aux institutions démocratiques régis par des lois républicaines. Les Africains exigent dans le cadre de leurs intérêts et des valeurs démocratiques et républicaines de l’Occident qu’il soit mis fin de manière définitive à tout appui à la dictature sur le sol africain. Les francophones d’Afrique lancent dans ce sens un appel pressant à la France. Nous parlons ici de position de principe et non d’intervention et nous sommes heureux de noter que la majorité des pays de l’Occident en font déjà leur une telle position. Les Africains reconnaissent que les institutions démocratiques régies par des lois républicaines ne peuvent découler que d’élections transparentes. Aussi, la communauté internationale et singulièrement l’Occident doivent prendre des positions fermes conformes à leurs normes quant à la régularité des élections, surtout dans des pays soumis à la dictature. Leur condamnation des fraudes électorales doivent se faire sans ambiguïté. La France, doit signifier de manière claire aux dictateurs africains qu’elle ne sera plus prête à leur dérouler le tapis rouge et que toutes répressions de manifestations pacifiques ne seront plus tolérées. Les pays de l’Occident se doivent de voter des lois qui interdisent le financement de leurs élections (présidentielles et parlementaires) par des contributions africaines, singulièrement des contributions provenant les dictateurs africains. Il est important de mettre en place des lois internationales contre la corruption, étant entendu qu’il n’y a pas corruption sans corrupteur. Nous venons de présenter un premier lot de revendications des nations et des peuples africains, et en fait d’intérêts, il s’agit pour nous de rappeler à l’Occident leurs valeurs, valeurs que les pays occidentaux clament haut et fort comme fondement de leur civilisation. Il est facile de s’adjuger le titre de civilisé sans que notre comportement en soit le reflet. Les Africains ne doivent pas se bercer pas d’illusions car la démocratie, l’Etat de droit, l’expansion économique, la place des générations futures africaines dans le concert des nations ne résultera que des sacrifices que les nations et les peuples africains sont prêts à consentir. Dans ce cadre, l’éradication de la dictature du sol africain ne souffre point de discussion. N’oublions jamais la fameuse phrase du grand homme d’Etat français: “Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts”. Le plus important à notre humble sens n’est point tant les doléances à présenter à l’Occident quant aux valeurs que “ce monde occidental” revendique, mais la prise de conscience par les Africains eux-mêmes de leurs intérêts. Toute défense se fonde sur la prise de conscience de la cause défendue et les nobles causes sont souvent défendues au prix et/ou au risque du sacrifice suprême pour les générations futures. La cause “Afrique” va au-delà de la somme de tous ses fils et filles, elle est une cause renouvelée de génération en génération.
Eveil des consciences dans l’affirmation des intérêts des nations et des peuples africains L’Afrique postcoloniale confrontée à l’aube des indépendances aux dictatures militaires et civiles a sombré lentement mais chaque jour plus profondément dans l’agonie du déni de ses intérêts vitaux. En fait, il ne s’agit pas de l’Afrique résolument tournée vers l’avenir mais de ses enfants. Et pourtant, les intérêts de ce continent dont la fraternité n’a d’égale que la joie de vivre et l’hospitalité légendaire de ses peuples, sont plus que jamais au centre du devenir de notre village planétaire. Les intérêts des nations et des peuples africains sont si visibles, lisibles, clairs et limpides que les Africains n’ont pas besoin de faire venir un autre Champollion pour se les déchiffrer. Et bien, les voici dans les grandes lignes à notre humble avis:
L’éradication de la dictature sous toutes ses formes sur le continent et la mise en place d’Etat de droit se fondant sur des institutions démocratiques. La nécessité pour l’Afrique de se doter de langues officielles ou de travail propres au continent La création de monnaie communautaire ou régionale (intégration régionale) capable de promouvoir les échanges intra-africains et susceptible de se fondre, le moment venu, en une monnaie unique africaine. La mise en place de structures économiques régionales devant permettre à l’Afrique de se positionner dans l’économie mondiale d’égale à égale au regard des autres régions de la planète. La fin de l’état de dépendance du continent africain, sous toutes ses formes, au nom de l’interdépendance et de la coopération nécessaires devant gouverner les relations internationales équitables. Ce tableau fort incomplet de nos intérêts et nous sommes les premiers à le reconnaître saura bénéficier de la richesse de l’intelligentsia du continent. Oui, l’Afrique dispose de têtes heureuses et bien faites, réduites au silence par la dictature.
La défense des intérêts ci-dessus énumérés peuvent paraître à d’aucuns une vue de l’esprit difficilement défendables. Nous répondrons en nous référant au Président John Kennedy des Etats-Unis. Ce jeune homme d’Etat visionnaire s’adressant aux américains sur la perspective de la conquête de l’espace par l’homme (envoi de l’homme dans la lune au cours de la décennie) dira:“ Nous proposons (avons fait le choix) d’aller dans la lune. Nous proposons d’aller dans la lune au cours de cette décennie, tout en continuant de nous occuper (gérer) d’autres affaires de la nation, non point parce que c’est aisé (facile) mais parce que c’est ardu (difficile)”. Et bien, au cours de la décennie, l’Amérique fit faire à l’humanité, en débarquant des astronautes sur la lune, ce petit pas de l’homme qui est également un pas de géant dans la conquête de l’espace.
Le Président Franklin Delanoo Roosevelt des Etats-Unis (le seul Président à être élu quatre fois dans l’histoire de son pays) dira lors de son premier discours d’investiture: “Nous n’avons rien à craindre, si ce n’est soi-même/nous-mêmes”. Et le Président J. Kennedy de le réitérer sous une autre forme en ces termes: “La seule chose dont nous devons avoir peur (objet de notre crainte), c’est nous-mêmes/soi-même” Mamavi Sylvain ATTIGLAH
E-mail : msattiglah@aol.com
Ce que nous pensons et croyons Il y a quelques siècles de cela, avant l’ère judéo-chrétienne, vécut dans la Grêce antique (ancienne), un homme que son disciple du nom de Platon nous a fait connaître. Ce génie, maître à penser de la philosophie (la mère de toutes les sciences) a pour nom Socrate. Pour certains de ses contemporains (Aristophane), il était la risée, pour d’autres (Xénophon) un moraliste simplet. Pour l’Etat grec d’alors, son enseignement: étude et/ou discours sur la vérité et la sagesse fut une hérésie (impiété contre les dieux) et une corruption de la jeunesse. Condamné, il avait le choix entre renoncer à son enseignement ou à boire la ciguë (un poison). Il choisit le poison au nom de la vérité. Aujourd’hui, où que nous nous situons dans notre village planétaire, nous sommes à des dégrés divers, les héritiers des Hellènes, brillante civilisation humaine marquée du sceau d’un génie: Socrate.
Au 19ième siècle, un autre génie qui non content de constater et /ou d’étudier les étapes historiques de développement de l’humanité élabora “le matérialisme historique”, une théorie scientifique de toute science sociale. Cet homme marié à une femme issue de la noblesse, philosophe et économiste, avait tout pour mener une bonne vie, à l’abri du dénuement: son nom Karl Marx. Nous pouvons, sur un plan purement idéologique, être critique dans la mise en pratique de sa théorie, (Les Ecritures Saintes ne souffrent-elles pas pas d’interprétations malheureuses et de distorsions) mais nul ne peut nier avec honneteté intellectuelle le chemin parcouru en moins d’un demi-siècle en partant de la Russie tsariste à la superpuissance militaire sovietique (la Russie d’aujourd’hui). De même, nul ne peut nier le chemin parcouru par la Chine populaire (de la paysannerie au rang de troisième puissance économique du monde de nos jours) sur la base d’une telle théorie scientique. Et pourtant Karl Marx mourra dans l’extrème pauvreté, (en fait de faim) sanctionné par le système qu’il combattait au nom des autres.
Nous parlons ici de la vie de génies et non d’hommes comme nous autres dont l’intelligence se situe à peine dans la moyenne du commun des mortels que nous sommes. Nous évoquons ces deux noms pour dire aux Africains que ce que nous devons redouter ce n’est point tant notre destruction que le choix du silence qui condamne les générations futures au pire des maux. L’Afrique est bien plus que la somme de ses fils et filles et vaut bien les sacrifices requis au nom de ceux qui viendront après nous.
Nous évoquons, par ailleurs souvent, le Général de Gaulle, le Chef de la France libre, au point de soulever quelque incompréhension au regard de notre passion et/ou attachement pour l’Afrique. En fait , notre admiration (Nous y reviendrons dans nos prochaines réflexions) pour ce grand homme d’Etat date de nos années de premier cycle du lycée et tient à sa vision:“Je me suis toujours fait une certaine idée de la France, que la France ne saurait être la France, sans la grandeur” C’est au nom de cette vision et de la grande culture de ce pays que Staline à Yalta (en l’absence de représentantiion française) défendit et/ou exigea que la France dispose de statut de Membre Permanent au Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Le Général savait défendre les intérêts bien compris de la France autant qu’il respectait les plus faibles lorsque ceux-ci avaient le courage de défendre les leurs (cf: ses mémoires). Lorsque le Général quitta le pouvoir, la France ne connut pas une succession monarchique.
Le Premier Ministre Winston Churchill, l’un des grands vainqueurs du camp des Alliés et libérateur de la Grande Bretagne perdit les élections d’après guerre. Ce grand homme d’Etat dont la fameuse phrase: “Ne jamais se rendre ou démissionner” deviendra un cri de ralliement pour tout combattant de la liberté reviendra au pouvoir par la voie des urnes. Mais, depuis la fin de son second mandat, la Grande Bretagne, à ce jour, ne connaîtra plus un autre Churchill au poste de Premier Minstre.
Aux Etats-Unis, si deux anciens Présidents ont vu leurs fils accéder aux fonctions présidentielles, jamais il n’y eut de succession directe aux allures monarchiques.
Enfin, plus près de nous, dans la partie australe de notre continent, ce leader hors du commun (cf: Un long chemin vers la liberté) remplissait toutes les conditions pour se voir “couronné empereur” dans son pays. Et pourtant, au terme de son second mandat, il quittera le pouvoir sans que son fils ou l’un de ses compagnons de lutte de première heure ne lui succéda.
En Afique et une fois encore, hélas, dans sa partie francophone, la dictature connaît une mutation dont il nous semble impossible de trouver un qualificatif. La dictature se transforme en monarchie (succession monarchique) dans des pays qui continuent de s’appeler républiques. L’Occident tétanisé, mais réduit au silence du fait de l’accord tacite ayant gouverné la colonisation (Accord de Hinterland –Traité de Berlin) prend acte de la nouvelle donne, étant entendu qu’il s’agit du camp francophone. L’Occident le sait bien, l’avènement de monarchie dans des pays dont le statut de république aux Nations-Unies relève du droit international, est une destruction consommée de l’Afrique, chaque jour plus destructive et plus destructrice. Est-ce à dire que toute la classe politique française soutient une telle destruction consommée de l’Afrique? Rien n’est moins sûr, mais le constat est clair, la classe politique française se tait. L’Occident se tait et tous leurs gouvernements dérouleront aux princes héritiers devenus nouveaux Rois-Présidents, des tapis rouges un jour ou l’autre. Que dire donc des valeurs républicaines et démocratiques de l’Occident? Nous y reviendrons dans notre prochain document de Réflexion/ Débat: “Apport et Rôle de l’Afrique dans les Relations Internationales du 21ième siècle. Disons qu’il va s’en dire que les forces hostiles en France à toute démocratisation des institutions en Afrique, puisqu’il s’agit des pays francophones, doivent se frotter les mains. Elles doivent se convaincre de l’effet de contagion, et pour cause. N’oublions pas l’effet dévastateur des coups d’Etat militaires ayant conduit à l’avènement des dictatures militaires et civiles avec pour conséquence: un demi-siècle de totale régression et d’extrème paupérisation des peuples africains. Oui, la ruine.
A ces forces hostiles à l’Afrique, nous leur disons de ne pas aller trop vite en besogne, car à l’instar de l’Asie, singulièrement de la Chine: l’Afrique s’éveillera.
La dictature sous toutes ses formes doit être éradiquée du sol africain et elle le sera. Ceci dit, revenant aux réflexions/débats que nous nous faisons le devoir de partager avec nos frères, et soeurs d’Afrique et autres bonnes volontés de par le monde, nous avons été souvent approché par des amis qui nous aiment bien. Ces derniers ont attiré notre attention sur les risques que nous prenons en confrontant tous ceux qui oeuvrent pour le statu quo en Afrique. En fait, toutes les forces opposées à toute démocratisation des institutions et l’Etat de droit en Afrique. Et bien, comme on le dit: “La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse” Oui, nous craignons Dieu. Mais à l’opposé, nous ne craignons nullement les hommes et il ne s’agit pas de naïveté. Nous sommes conscients de la capacité de destruction des forces opposées aux nations et aux peuples africains mais ne confondons pas force et bestialité. Car, si tel était le cas, que dirions du Créateur de cet univers dont la toute puissance se conjugue en miséricorde et amour. Du reste sur un plan purement humain, lorsque nous célébrons ces leaders hors du commun et autres grands hommes, nous honorons la force (talent, génie,humanisme, courage, détermination patriotisme et autres) mise au service/profit de la défense de la liberté, de la paix et des peuples. Le don de soi au nom de la vérité et des générations futures pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême. Le Général de Gaulle dont nous sommes le chantre disait dans l’un des moments de crise de sa présidence:“J’ai envisagé toutes les éventualités”. Nous faisons nôtre cette phrase du grand homme d’Etat en ajoutant que l’Afrique vaut bien que ses intérêts soient défendus et que ses enfants soient prêts à donner leur vie pour elle. Par ailleurs, la fraternité étant l’âme de l’Afrique, nous ne perdons pas de vue la fraternité qui nous lie aux dictateurs africains. Toutefois, notre lutte pour la démocratie et l’éradication de la dictature autant que la défense des intérêts du continent est et démeurera sans compromis ni compromission aussi longtemps que l’Eternel nous gardera le souffle de vie.
Didérot s’expliquant dans l’article “Encyclopédie” sur ce qu’il conçoit comme une véritable mission écrivait:“Le but d’une Encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre , d’en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons et de les transmettre aux hommes qui viendront après nous”. Il termina par ses mots:“Que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain”. C’est dire que la défense des intérêts de l’Afrique n’a rien à voir avec aucun des fils et filles de notre continent pris individuellement et il en va autant des sacrifices à consentir. Comme Didérot le dit si bien, il s’agit de ceux qui viendront après nous et de ne pas quitter cette terre des hommes sans avoir mérité bien du genre humain.
Nous lançons un appel pressant et solennel à la classe politique française pour qu’elle choisisse le camp des nations et des peuples africains. Francophones que nous sommes et fiers de l’être, nous invitons la classe politique française à méditer continuellement cette phrase de Cheick Amidou Kane dans “ L’aventure ambiguë” où l’auteur écrit, parlant du sentiment qui anime le colonisé d’hier, le francophone d’aujourd’hui envers la France : “ Ma haine est une rédhibition d’amour”. Et bien hélas, de l’avis des francophones d’Afrique, la France demeure, en ce début 21ième, ce pays de l’Occident qui s’oppose et/ou se refuse de faciliter la transition de l’Afrique vers la démocratie et la mise en place d’Etat de droit.
Nos fraternelles pensées
|