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[ 11/17/2017 11:54:06 AM ]  APANEWS

Cameroun - Societe

Vent de sinistrose en couverture des journaux camerounais

L’incendie, la veille au soir du bâtiment abritant l’Assemblée nationale à Yaoundé, la capitale du pays, mais aussi l’annulation spectaculaire, par le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (MINFOPRA), Michel Ange Angouing, des admissibilités aux concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM), faisaient les choux gras des journaux camerounais parus vendredi.


En raison de l’heure tardive à laquelle le feu s’est déclaré au «Palais de verre de Ngoa-Ekellé», InfoMatin semble avoir ravi la vedette à ses confrères qui, dans un reportage poignant, restitue l’ambiance ayant régné autour de l’édifice en flammes : «Les flammes, dont l’origine reste à élucider, réduisent entièrement en cendres les quatre premiers étages où sont logés et le cabinet du secrétaire général et les services financiers et les salles qui abritent les différentes commissions.»

Le feu aurait toutefois épargné la salle principale où se tiennent les plénières et dont la cérémonie inaugurale, pour la troisième et dernière session ordinaire de l’année, a eu lieu mardi dernier, rappelle la publication qui s’étonne au passage que les sapeurs-pompiers, dont une base se trouve pourtant à quelques mètres, soient arrivés 30 minutes après que l’alerte.

«En rappel, l’institution, que préside depuis mai 1992 Cavaye Yeguie Djibril, connaît son deuxième incendie, le premier s’étant produit voici deux décennies. À l’époque, on évoquait comme cause un court-circuit sur les installations électriques de l’édifice. Deux bureaux étaient alors partis en fumée, dans un contexte de suspicions tous azimuts.»

Cet incendie n’est pas le premier qui touche cette partie des bâtiments administratifs de l’institution, confirme le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune (CT), même si celui d’hier soir aura sans doute causé le plus de dégâts.

Difficile pour l’instant, poursuit le journal, de donner les causes de l’incendie qui a ravagé cinq étages du bâtiment administratif de l’Assemblée nationale hier soir, même s’il convient de noter que l’intervention prompte des équipes des sapeurs-pompiers de la ville de Yaoundé, épaulées par celles de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, a permis de circonscrire les flammes et empêcher qu’elles n’atteignent l’hémicycle, centre névralgique des travaux de la session en cours.

Il sera néanmoins difficile, pour les élus actuellement en session d’examen de la Loi de finances pour l’exercice 2018, de pouvoir travailler dès ce matin dans les salles de commission qui se trouvent dans le bâtiment qui a été touché.

Quelques heures avant le sinistre, rappelle The Guardian Post, c’est une passe d’armes qui a opposé, dans le même hémicycle, le président de la Chambre basse, Cavaye Yeguie Djibril et le groupe parlementaire du Front social démocratique (SDF, opposition), qui avait bruyamment boycotté la séance inaugurale pour exiger l’introduction aux débats de la crise qui, depuis plus d’un an, agite les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Aux élus protestataires venus à sa rencontre, le titulaire du perchoir a sèchement répondu : «Je n’accepterai pas que la crise anglophone se déporte à l’Assemblée nationale !»

Et Cameroon Tribune d’enfoncer le clou : «Le SDF est-il interdit de débat au parlement ? Non ! Les dispositions de l’article 35 de la Constitution sont d’ailleurs claires sur ce point en ce qui concerne le contrôle de l’action gouvernementale à travers les questions orales ou écrites, voire la constitution des commissions d’enquête.»

Il existe un cadre réglementaire bien indiqué, à travers lequel les revendications du SDF peuvent être présentées, de même que des mesures ont été prises par les pouvoirs publics en vue de résoudre la crise que vivent ces deux régions depuis un peu plus d’un an.

Par ailleurs, ajoute CT, c’est l’ensemble de l’opinion nationale qui a émis le vœu de l’ouverture d’un dialogue dans ce sens, toutes choses qui ne sauraient donc justifier la politique de la chaise vide observée de la part du SDF, chacun des acteurs politiques concernés devant en outre pouvoir mettre un peu d’eau dans son vin.

Et la formation d’opposition semble avoir compris qu’il faisait fausse route, si l’on en croit Mutations qui évoque un «rétropédalage» de ses élus, finalement revenus à de meilleurs sentiments.

«C’est la guerre à l’ENAM» est toutefois le titre principal dudit journal : en quelques heures seulement, les résultats des admissibilités dans cette grande école, en charge notamment de la formation des administrateurs civils et des spécialistes des régies financières, proclamés par son directeur général Linus Toussaint Mendjana, ont été annulés par sa tutelle.

Les résultats desdites admissibilités, diffusés au journal de 17 heures de la radio nationale, ont été annulés et rapportés au journal de 20 heures, sur les mêmes ondes, «pour violation de la réglementation en vigueur», étaye InfoMatin

Avant cette flagrante violation des textes, le même Mendjana avait déjà fait l’objet de plusieurs rappels à l’ordre et par sa tutelle et par les services du Premier ministre.

Le bras de fer entre Michel Ange Angouing et Linus Toussaint Mendjana semble bien parti pour durer, constate Le Messager, alors que son confrère Le Quotidien de l’économie y voit «un désaveu» cinglant, infligé au second qui l’a bien cherché en violant outrageusement les règles et procédures dans la gestion des concours administratifs.

Pour arbitrer ce genre de conflit, ajoute Le Jour, il n’est pas exclu que le sommet de l’État décide de sacrifier un des protagonistes, le plus exposé étant évidemment le directeur général rebelle, qui risque gros dans cette affaire.

 

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