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[ 10/2/2017 12:13:24 PM ]  APANEWS

Cameroun - Societe

Les journaux camerounais se penchent sur les lendemains de grande tension en zone anglophone

Les journaux camerounais parus lundi se sont attelés au bilan humain, politique et psychologique de la journée mouvementée du 1eroctobre dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, au cours de laquelle des activistes de la sécession avaient annoncé la proclamation de la partition du pays.


Selon L’Essentiel, l’instauration annoncée de la «République d’Ambazonie» aura été un échec cuisant, pour ses promoteurs et une victoire de l’unité nationale, pour les autres.

Cette publication fait néanmoins état de postes de gendarmerie attaqués, de 6 morts enregistrés pendant les «manifestations violentes».

L'apocalypse n'a pas eu lieu, s’enorgueillit InfoMatin, l'État du Cameroun ayant su étouffer dans l'œuf l'aventure périlleuse de la partition du pays initiée et orchestrée par quelques activistes dits de la cause «anglophone», «de véritables apprentis sorciers».

Les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs, acquiesce l’hebdomadaire L’Anecdote, qui, présentant en couverture l’ex-bâtonnier de l’Ordre des avocats, Akere Muna, dénonce «l’agenda ténébreux des pseudos-sécessionnistes», qui a plutôt fait l’effet d’une tempête dans un verre d’eau.

L’agenda secret est en effet leur mode opératoire, renchérit L’Indépendant qui salue la dénonciation, aussi bien par la classe politique dans son ensemble que les dignitaires religieux, des actes de terrorisme, d’intimidation et de vandalisme.

«Peur sur le Cameroun : les politiques se lâchent», salue à son tour Le Soir, qui lui aussi présente le panorama des réactions outrées contre les actes violents attribuées aux tenants de la partition du Cameroun.

«Toujours un et indivisible», souffle Le Quotidien de l’Economie, presque soulagé de constater qu’en dépit des marches de protestation ayant rassemblée des milliers de personnes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la proclamation annoncée de l’indépendance du Southern Cameroon a été un échec.

Cette publication déplore néanmoins la mort de quelques manifestants tombés sous les balles des forces de l’ordre mais aussi de blessés, dont la plupart semblent avoir été embarqués dans une moutonnerie sans lendemain.

«We are One» proclame, tout en rouge et en très gros caractères, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune : le Cameroun est un et indivisible puisque la proclamation d’indépendance, annoncée par les sécessionnistes, n’a finalement pas eu lieu.

Par contre, «à travers le reste du pays, les Camerounais sont sortis en masse pour exprimer leur solidarité à leurs compatriotes des régions anglophones. Mais surtout pour dire haut et fort que le Cameroun reste uni et indivisible».

C’était, selon Mutations, «un 1er octobre palpitant» avec c’est vrai des «accrochages entre forces de l’ordre et manifestants dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest», mais surtout «un air de fête nationale» à travers le reste du pays, où des dignitaires du régime sont allés mobiliser la base.

«Il convient de souligner, analyse La Météo, que le choix de cette date, par certains Camerounais (égarés ou pas, là n’est pas la question) pour proclamer l’indépendance de la République chimérique d’Ambazonie, sur les frontières actuelles des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest avec le reste du pays, y est pour beaucoup, dans le déploiement humain observé par la formation de Paul Biya.»

L’Essentiel ne manque pas de saluer cette «mobilisation historique pour l’unité», et dresse la liste des nouveaux appels au dialogue venus du monde entier.

Emergence ne manque cependant pas d’exprimer sa «colère» et son «incompréhension», devant cette initiative de rassemblements de soutien à l’unité nationale, prise au pied levé, dans un contexte aussi tendu et qui s’apparente à de l’agitation stérile, qui plus est alors que le président Biya, qui aurait dû prendre le problème à bras le corps, passe paisiblement ses vacances à l’étranger.

Intégration ne semble pas partager ce point de vue, en rapport avec la «riposte» donnée le même jour par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) : «Les pontes du régime Biya essayent de réduire le problème anglophone à une simple velléité séparatiste alors qu’un sondage, rendu public en juillet dernier, montre que l’écrasante majorité des ressortissants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest souhaitent davantage une autonomisation desdites régions.»

The Guardian Post évoque «un dimanche de sang et de larmes» en zones anglophones et fait le décompte : au moins 15 morts, des dizaines de blessés et d’arrestations à Akwaya, Bamenda, Buea, Ikiliwindi, Kumbo, Ndop, Tombel et Wum.

Le Jour, à travers plusieurs clichés, reportages et témoignages, a procédé au même exercice dans les « zones chaudes».

L’Etat a bel et bien perdu le contrôle du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, constate Emergence qui évoque des manifestations géantes, le drapeau sécessionniste hissé à plusieurs endroits sous les yeux des forces dites de maintien de l’ordre, une armée qui perd son sang-froid et tire à balles réelles sur des manifestants.

A en croire Défis Actuels, sous le titre «Crise anglophone : mensonges et manipulations des sécessionnistes», basés à l’étranger, les vrais instigateurs de la situation actuelle publient abondamment de fausses informations et des images truquées sur les réseaux sociaux, question de faire croire aux populations qu’ils disposent de soutiens internationaux, d’une armée et d’un gouvernement prêts à prendre pied dans les régions anglophones.

 

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