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[ 5/29/2018 10:42:32 AM ]  APANEWS

Cameroun - Societe

ELECAM et crise anglophone en vedette dans les journaux camerounais

Le limogeage, la veille par décret présidentiel, du directeur général des élections, Abdoulaye Babale et les nouveaux développements de la crise anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, tiennent le haut de l’affiche des journaux camerounais parus mardi.


Convaincu de «faute lourde» en fin de semaine dernière par le Conseil électoral d’Elections Cameroon (ELECAM), l’organe en charge de la gestion des scrutins et opérations référendaires, le partant, raconte Le Jour, était également vomi par ses collaborateurs qui ont fait la fête à l’annonce de son départ.


Dressant le portrait de son successeur, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune rappelle qu’Eric Essousse, qui était déjà le second du partant, est âgé de 67 ans et a passé l’essentiel de sa carrière de fonctionnaire au ministère de l’Administration territoriale, plus précisément à la direction des affaires politiques où il a, entre autres, été sous-directeur des libertés publiques et directeur adjoint du même service.

Sous le titre : «ELECAM : un dictateur nommé DG», InfoMatin complète à sa façon cette présentation, le bénéficiaire du décret présidentiel ayant la réputation d’être un apparatchik pur jus, celui-là qui a mis la presse en coupe réglée au plus fort des «années de braise» et de la contestation sociopolitique.

Au début de la décennie 90 et l’avènement des «lois sur les libertés», rappelle la publication, c’est Eric Essousse qui tenait d’une main de fer l’administration de la censure des journaux et ne se privait pas de gommer des pages entières dont les contenus étaient défavorables au pouvoir de Paul Biya.

Cet homme est «le nouveau joker de Paul Biya» pour l’élection présidentielle prévue cette année, appuie Mutations, qui rappelle non seulement ses faits d’armes comme patron de la censure, mais en plus constate qu’il est, depuis 1992, dans l’ombre de toutes victoires, souvent contestées, du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir).

Dans sa «chronique de 12 ans de scandales», L’Expression économique» se penche sur les soupçons de crédibilité, les querelles de chefs, le mécontentement récurrent du personnel d’un organe ayant manifestement du mal à prouver sa crédibilité.

Paul Biya, loin de résoudre le problème, a, selon The Guardian Post, opté pour une solution temporaire au conflit d’autorité à ELECAM, une institution où tous les pouvoirs sont en réalité concentrés entre les mains du président du Conseil électoral, source de conflits permanents et d’une instabilité devenue chronique.

Pour le quotidien en langue anglaise, au vu de l’instabilité chronique qui la caractérise, c’est toute la structure qu’il faudrait revoir de fond en comble, le changement de directeur général ne garantissant en rien le retour à la sérénité du fait de textes organiques viciés depuis sa création, en décembre 2006.

La même publication, revisitant l’assaut du week-end dernier de l’armée à Santa (Nord-Ouest), reconstitue «le massacre» ayant fait plus de 25 morts et soulève les divergences dans les versions servies à l’opinion, aussi bien par les activistes sécessionnistes, les témoins que les forces de défense et de sécurité.

L’épisode de Santa, selon Cameroon Tribune, n’était rien d’autre qu’une opération antiterroriste au cours de laquelle «des individus lourdement armés ont été neutralisés par les forces de défense».

A l’appui de cette affirmation, le journal publie l’intégralité de la déclaration à la presse du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary affirmant que 27 terroristes ont été neutralisés, et indiquant que la zone abritait de véritables bases opérationnelles, des cantonnements permettaient aux sécessionnistes de rayonner sur plusieurs kilomètres en réseaux dynamiques, de se livrer ainsi à leurs activités de terreur, d’extorsion de la population, de trafic de drogue, d’enrôlement forcé de jeunes gens et de viols répétés sur de jeunes filles dans différentes localités.

 

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