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[ 9/8/2017 11:03:40 AM ]  APANEWS

Cameroun - Societe

La surchauffe sur le front sociopolitique fait la une des journaux camerounais

Loin de s’estomper dans les colonnes des journaux camerounais parus vendredi, la crise anglophone vient de déboucher sur d’autres types de revendications sociopolitiques en provenance, cette fois, du «fief naturel» du chef de l’État.


Comment se fait-il que l’ambassadeur des États-Unis, pays en première ligne en matière de respect des droits de l’homme et des peuples, ignore la crise anglophone pendant une audience avec le président Biya ?

Tel est le grand étonnement qui s’affiche en couverture du Guardian Post qui, revenant sur les adieux mercredi du diplomate Michael Hoza au chef de l’État, constate que les deux hommes ont royalement ignoré ce sujet qui fâche, préférant mettre en avant les bons points de la coopération bilatérale et surtout la lutte contre la secte islamiste Boko Haram dans l’Extrême-Nord.

Dans la mouvance de la crise qui embrase justement les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis une année, Le Messager affirme que ce sont les Nations Unies qui ont fait pression sur le pouvoir de Yaoundé en vue de l’arrêt des poursuites intentées contre les leaders du Consortium de la société civile anglophone.

Sauf que, curieusement et selon la même publication, le régime Biya, pour ne pas donner l’impression de céder totalement, a procédé à «une libération à double vitesse» en maintenant en détention 22 des 76 personnes traînées pour les mêmes motifs devant le tribunal militaire de Yaoundé.

Et le gouvernement aurait tort de croire avoir obtenu le retour au calme espéré : une bonne partie des têtes de proue du mouvement anglophone ayant à son tour, selon Mutations, décidé de traîner l’État du Cameroun devant les instances internationales de justice pour détention illégale, des plaintes assorties de demandes de paiement lourdes indemnisations.

Ce que le président Paul Biya ne sait sans doute pas, soupire InfoMatin, c’est que les vrais meneurs de la contestation se trouvent au cœur même de son propre système : à quelques exceptions près, et parfois à des niveaux insoupçonnés de prise de décisions, des ressortissants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont déterminés à obtenir, à défaut de la partition du Cameroun, au moins une représentation conséquente aux affaires et non plus des postes subalternes.

Et de détailler les exigences de la dynamique anglophone, sur fond de surenchère politique : le poste de président du Sénat, 2ème personnalité de la République mais aussi la Justice, un grand ministère en charge de l’Éducation nationale, les Finances, la Sûreté nationale et la Défense.

Paul Biya va également devoir se battre contre un nouveau front de crise, poursuit InfoMatin qui publie, en intégralité, la «lettre ouverte» envoyée la veille au chef de l’État par des dignitaires traditionnels du Mfoundi, le département qui abrite la capitale, Yaoundé, demandant la libération des natifs de la région emprisonnés pour des crimes économiques.

Ces patriarches, qui n’invoquent pas directement une clémence à géométrie variable visant pourtant des gens accusés notamment d’actes terroristes, estiment que les ressortissants beti ne méritent pas plus la prison que les contestataires anglophones ayant brûlé les emblèmes nationaux et fait l’apologie de la sécession.

Il s’agit d’une autre épine dans le pied du pouvoir, confirme Émergence qui croise les doigts, ne cachant pas son impatience de voir comment Paul Biya, à la veille d’une élection dont il est d’ores et déjà candidat, va pouvoir se permettre un nouveau front de crise, qui plus est dans cette région du Centre considérée comme fidèle et l’un des principaux pourvoyeurs de suffrages dans la course à la magistrature suprême.

 

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